Auteur/autrice : admin7063

  • Les catégories de SSI (A à E) expliquées simplement

    A, B, C, D ou E : la catégorie de SSI est la première décision d’une étude de sécurité incendie. Elle fixe le niveau d’équipement de tout le bâtiment. Pourtant, ce n’est pas au projeteur de la choisir : la réglementation l’impose.

    Qui fixe la catégorie du SSI ?

    La norme NF S 61-931 définit cinq catégories de SSI, de A (la plus complète) à E (la plus simple). Le règlement applicable au bâtiment indique ensuite la catégorie minimale à installer :

    • pour un établissement recevant du public (ERP), le règlement de sécurité contre l’incendie (arrêté du 25 juin 1980) et les dispositions propres à chaque type d’établissement ;
    • pour les lieux de travail, le Code du travail ;
    • pour les immeubles de grande hauteur (IGH), leur propre règlement de sécurité.

    Le cahier des charges, l’assureur ou la commission de sécurité peuvent exiger davantage. Le travail du projeteur commence donc par la lecture de ces textes, pas par le catalogue d’un fabricant.

    Les cinq catégories en bref

    CatégorieCe qui déclencheCe qui commande la mise en sécuritéAlarme
    ADétection automatique (SDI) et déclencheurs manuelsUn CMSI, automatiquementÉquipement d’alarme de type 1
    BDéclencheurs manuelsUn CMSIÉquipement d’alarme de type 2a
    C, D, ECommandes manuelles ou détecteurs autonomes déclencheursDes dispositifs plus simples, sans CMSI completÉquipements d’alarme plus simples

    Catégorie A : le système complet

    En catégorie A, un système de détection incendie (SDI) surveille les locaux en permanence. Dès qu’un détecteur ou un déclencheur manuel signale un feu, le CMSI déclenche l’alarme générale (éventuellement après une temporisation) et les actions de mise en sécurité : compartimentage, désenfumage, déverrouillage des issues. On la rencontre notamment dans de nombreux établissements avec locaux à sommeil, comme les hôpitaux et les EHPAD.

    Catégorie B : sans détection automatique généralisée

    La catégorie B garde un CMSI, mais l’alarme est donnée par les occupants, au moyen des déclencheurs manuels. Le CMSI commande alors l’alarme et les dispositifs actionnés de sécurité (DAS). Elle correspond aux bâtiments où la réglementation n’impose pas de détection automatique partout.

    Catégories C, D et E : des systèmes plus simples

    Dans les catégories C, D et E, il n’y a plus de centralisateur complet. Les DAS sont commandés par des dispositifs plus simples : un dispositif centralisé simplifié (C), des commandes manuelles regroupées (D), des commandes manuelles individuelles ou des détecteurs autonomes déclencheurs placés près d’une porte coupe-feu, par exemple (E). L’alarme est assurée par un équipement indépendant. Plus on descend dans les catégories, plus la mise en sécurité repose sur des actions locales.

    La méthode du projeteur

    1. Identifier le cadre réglementaire du bâtiment : ERP (type et catégorie), Code du travail ou IGH.
    2. Lire les articles applicables et en déduire la catégorie de SSI minimale.
    3. Vérifier le CCTP et les exigences de l’assureur ou de la commission de sécurité.
    4. Découper le bâtiment en zones : détection, alarme, compartimentage, désenfumage.
    5. Choisir et implanter les équipements selon les normes NF S 61-970 et NF S 61-932.

    L’erreur la plus fréquente

    Se tromper de catégorie coûte cher dans les deux sens. Sous-dimensionner, c’est s’exposer à un avis défavorable du bureau de contrôle et à des reprises de chantier. Surdimensionner, c’est imposer au client un système plus coûteux à installer et à maintenir que nécessaire. Dans les deux cas, la réponse est dans les textes : la catégorie se justifie, article par article.

    Les sigles utilisés ici sont expliqués dans le lexique SSI.

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  • SSI ou SSIAP : quelle différence ?

    SSI et SSIAP : deux sigles presque identiques, que les moteurs de recherche mélangent souvent. Ils désignent pourtant deux choses très différentes : un système technique d’un côté, un métier de surveillance de l’autre. Si vous cherchez une formation, mieux vaut savoir laquelle vous concerne.

    Le SSI : un système technique

    Le SSI (système de sécurité incendie) est l’ensemble des matériels qui collectent les informations liées à la sécurité incendie, les traitent et déclenchent la mise en sécurité du bâtiment. Il comprend :

    • un système de détection incendie (SDI) : détecteurs automatiques, déclencheurs manuels, centrale de détection ;
    • un système de mise en sécurité incendie (SMSI) : le centralisateur (CMSI) et les dispositifs actionnés de sécurité (clapets, portes coupe-feu, désenfumage…) ;
    • l’alarme qui déclenche l’évacuation.

    Le SSI est conçu par un bureau d’études, installé par une entreprise spécialisée, puis vérifié à la réception. Sa conception obéit à des normes précises : NF S 61-970 pour la détection, NF S 61-932 pour la mise en sécurité et NF S 61-931 pour les dispositions générales.

    Le SSIAP : un métier de la sécurité

    Le SSIAP (service de sécurité incendie et d’assistance à personnes) désigne les agents chargés de la sécurité incendie dans les établissements recevant du public et les immeubles de grande hauteur. Leur qualification comporte trois niveaux : SSIAP 1 (agent), SSIAP 2 (chef d’équipe) et SSIAP 3 (chef de service).

    Les agents SSIAP surveillent le bâtiment, font les rondes, interviennent sur un début d’incendie, organisent l’évacuation et accueillent les secours. Au poste de sécurité, ils exploitent le SSI : ils lisent les alarmes sur la centrale, les acquittent et réarment le système.

    En résumé

    SSI (conception)SSIAP
    NatureUn système techniqueUne qualification d’agent
    Qui est concernéBureaux d’études, installateurs, dessinateurs-projeteursAgents de sécurité incendie
    Ce qu’on apprendConcevoir des plans et des dossiers SSI conformesSurveiller, prévenir, intervenir, évacuer
    RéférencesNF S 61-970, NF S 61-932, NF S 61-931Règlement de sécurité ERP et IGH, arrêté du 2 mai 2005

    Les deux sont liés

    Un agent SSIAP travaille tous les jours avec le SSI conçu par le projeteur. Une étude bien faite lui facilite la tâche : zones clairement identifiées, libellés compréhensibles sur la centrale, scénarios de mise en sécurité cohérents. À l’inverse, une zone mal découpée ou un libellé ambigu lui fait perdre de précieuses minutes le jour d’une alarme.

    Quelle formation choisir ?

    • Vous recrutez ou formez un agent de sécurité incendie : il lui faut une formation SSIAP, dans un centre agréé.
    • Vos dessinateurs-projeteurs ou techniciens doivent produire des plans et des dossiers SSI : il leur faut une formation à la conception des études SSI, comme celle de SIACAD.

    Pour aller plus loin : le lexique des sigles SSI.

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