Les catégories de SSI (A à E) expliquées simplement

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A, B, C, D ou E : la catégorie de SSI est la première décision d’une étude de sécurité incendie. Elle fixe le niveau d’équipement de tout le bâtiment. Pourtant, ce n’est pas au projeteur de la choisir : la réglementation l’impose.

Qui fixe la catégorie du SSI ?

La norme NF S 61-931 définit cinq catégories de SSI, de A (la plus complète) à E (la plus simple). Le règlement applicable au bâtiment indique ensuite la catégorie minimale à installer :

  • pour un établissement recevant du public (ERP), le règlement de sécurité contre l’incendie (arrêté du 25 juin 1980) et les dispositions propres à chaque type d’établissement ;
  • pour les lieux de travail, le Code du travail ;
  • pour les immeubles de grande hauteur (IGH), leur propre règlement de sécurité.

Le cahier des charges, l’assureur ou la commission de sécurité peuvent exiger davantage. Le travail du projeteur commence donc par la lecture de ces textes, pas par le catalogue d’un fabricant.

Les cinq catégories en bref

CatégorieCe qui déclencheCe qui commande la mise en sécuritéAlarme
ADétection automatique (SDI) et déclencheurs manuelsUn CMSI, automatiquementÉquipement d’alarme de type 1
BDéclencheurs manuelsUn CMSIÉquipement d’alarme de type 2a
C, D, ECommandes manuelles ou détecteurs autonomes déclencheursDes dispositifs plus simples, sans CMSI completÉquipements d’alarme plus simples

Catégorie A : le système complet

En catégorie A, un système de détection incendie (SDI) surveille les locaux en permanence. Dès qu’un détecteur ou un déclencheur manuel signale un feu, le CMSI déclenche l’alarme générale (éventuellement après une temporisation) et les actions de mise en sécurité : compartimentage, désenfumage, déverrouillage des issues. On la rencontre notamment dans de nombreux établissements avec locaux à sommeil, comme les hôpitaux et les EHPAD.

Catégorie B : sans détection automatique généralisée

La catégorie B garde un CMSI, mais l’alarme est donnée par les occupants, au moyen des déclencheurs manuels. Le CMSI commande alors l’alarme et les dispositifs actionnés de sécurité (DAS). Elle correspond aux bâtiments où la réglementation n’impose pas de détection automatique partout.

Catégories C, D et E : des systèmes plus simples

Dans les catégories C, D et E, il n’y a plus de centralisateur complet. Les DAS sont commandés par des dispositifs plus simples : un dispositif centralisé simplifié (C), des commandes manuelles regroupées (D), des commandes manuelles individuelles ou des détecteurs autonomes déclencheurs placés près d’une porte coupe-feu, par exemple (E). L’alarme est assurée par un équipement indépendant. Plus on descend dans les catégories, plus la mise en sécurité repose sur des actions locales.

La méthode du projeteur

  1. Identifier le cadre réglementaire du bâtiment : ERP (type et catégorie), Code du travail ou IGH.
  2. Lire les articles applicables et en déduire la catégorie de SSI minimale.
  3. Vérifier le CCTP et les exigences de l’assureur ou de la commission de sécurité.
  4. Découper le bâtiment en zones : détection, alarme, compartimentage, désenfumage.
  5. Choisir et implanter les équipements selon les normes NF S 61-970 et NF S 61-932.

L’erreur la plus fréquente

Se tromper de catégorie coûte cher dans les deux sens. Sous-dimensionner, c’est s’exposer à un avis défavorable du bureau de contrôle et à des reprises de chantier. Surdimensionner, c’est imposer au client un système plus coûteux à installer et à maintenir que nécessaire. Dans les deux cas, la réponse est dans les textes : la catégorie se justifie, article par article.

Les sigles utilisés ici sont expliqués dans le lexique SSI.

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